jeudi 25 octobre 2012

Les « senatus-debilitus » ont voté – par Manuel Gomez

Le sénat a donc voté la résolution reconnaissant la répression du 17 octobre 1961 qui, je me permets de le rappeler à nouveau, était une manifestation interdite car organisée par le FLN, ennemie de la France (à l’époque) puisque c’était la guerre d’Algérie.
Les 174 « senatus-débilitus » qui se sont donc prononcés s’appuient sur des sources qui estiment à environ 200 morts parmi les manifestants. D’autres sources, messieurs les sénateurs, estiment ces morts à 300 + 2300 blessés mais d’autres les contestent et veulent que l’on prenne en compte les données de l’institut médico-légal, organisme certainement plus sérieux que des sources dont on ne connait pas l’origine.


Mais à quelles sources s’abreuvent nos élus ?
« Il faut que la vérité soit dite sans repentance, ni pardon, ni accusation particulière » a déclaré Alain Vidalies, ministre délégué aux relations avec le parlement.

Alors messieurs les « senatus-debilitus » voici la liste officielle des cadavres « non identifiés » reçus à l’Institut Medico-Legal entre le 18 et le 21 octobre 1961 :
- Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA » (NA= Nord- Africain dans la terminologie de l’époque).
- Le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation, un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ?
- En dehors du périmètre de la manifestation, « seuls » 2 morts furent dénombrés, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune tué par balle et étranglé, gisant dans une camionnette, également à Puteaux. Rien ne permet de dire qu’ils furent tués par les forces de l’ordre, puisque la manifestation ne se déroulait pas à Puteaux.
- Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan était donc de 3 morts. Nous sommes donc loin des 200 à 300 de morts et de « noyés » auxquels le président de la république vient de rendre hommage.

Mais, nous dit-on, les cadavres ont été déposés à la morgue les jours suivants.
C’est absolument faux. Les archives de l’Institut Médico-Légal de Paris affirment qu’entre le 18 et le 21 octobre, 4 cadavres de « NA » seulement furent admis à la Morgue :
- Le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
- Le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
- Le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Mais nos « senatus debilitus » sont peut-être persuadés que les médecins légistes et les fonctionnaires d’état ont été « payés » ou ont subis des pressions afin de « dissimuler » ces 200 à 300 cadavres… et que depuis plus de cinquante ans ils se taisent !!

Les archives inscrivant les « entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour » nous apprennent également que pour tout le mois d’octobre 1961 » les 90 corps enregistrés par l’Institut Médico-Légal, étaient, pour la plus part, des victimes du FLN. Et que pour la totalité de l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » sont passés par l’IML, la plupart exécutés par le FLN.

Sur ces 308 cadavres de « N.A », 34 retrouvés dans la Seine ou la Marne notamment étaient des harkis, des partisans de la France, ou des membres du MNA, une des méthodes d’assassinat du FLN consistant à noyer ses opposants.
Et que ce sont ces mêmes « assassins » du FLN qui étaient les organisateurs de cette manifestation « pacifique ».
La police française n’est donc en rien responsable de ces noyades. En revanche elle a payé un lourd tribut durant cette même période.
Le ministre de l’intérieur, Manuel Vals, a accès à ces mêmes « Archives  officielles » et il devrait  les communiquer aux 174 « senatus debilitus » qui viennent de déshonorer la France et la police française.

Que ce « mensonge d’état » serve de leçon aux députés avant qu’ils ne se prononcent sur la date du « 19 mars 1962 » célébrant les « accords d’Evian » comme la fin des hostilités avec l’Algérie alors qu’il y a eu plus de morts après cette date (officiers et soldats, harkis et civils innocents) que durant les huit années de guerre.

Et que notre président, François Le Normal, ne nous oblige pas à l’interpeller par ses initiales dès son retour d’Alger, en décembre, c’est-à-dire « FLN ».