lundi 8 octobre 2012

La mer Égée, une étape pour les clandestins sur la route de l'Europe


La mer Égée, ce n'est pas qu'un décor de carte postale. Depuis quelques années, les plages touristiques des îles au large d'Athènes voient débarquer par dizaines des clandestins venus d'Afghanistan, de Syrie ou du Maghreb.
Pour eux, la Grèce n'est qu'une étape sur la route de l'eldorado : l'ouest du Vieux continent. Mais ce voyage est à haut risque.


Le soleil tape en cette mi-journée de septembre, dans le charmant petit port de Pythagorio, au sud de l'île de Samos. Les touristes de fin de saison vaquent, sans se douter qu'à quelques mètres d'eux se joue un nouvel épisode de la détresse humaine dont la Grèce est devenue le théâtre ces dernières années. Un ferry débarque, après avoir fait étape sur l'îlot voisin d'Agathonissi, où il a pris à bord une soixantaine de migrants clandestins : des hommes, une dizaine de femmes et autant d'enfants originaires d'Afghanistan, de Syrie, d'Irak, du Maroc. Ils avaient échoué là six jours plus tôt, après une traversée dans une embarcation de fortune depuis la Turquie.
L'objectif de ces migrants ? L'Europe. Mais si certaines îles grecques de la mer Égée sont très proches des côtes turques, l'Europe n'est pas si accessible. A Pythagorio, une quinzaine de policiers secondés par quelques militaires attendent : deux vans et un autocar ont été dépêchés sur le quai. Les migrants sont aussitôt transférés vers le commissariat central de l'île.
Commence alors pour tous ces gens venus d'ailleurs la procédure d'enregistrement : empreintes digitales, identité, pays d'origine. Ils resteront sous les verrous pour une période indéterminée, de quelques jours à quelques semaines, avant d'être relâchés avec un papier leur intimant l'ordre de quitter la Grèce sous trente jours.
Ce jour-là, le commissariat est débordé : seize détenus sont libérés pour faire de la place. Hors de question pour eux de prendre le chemin du retour. Ils n'ont qu'une idée en tête : rejoindre Athènes, où ils ont parfois un contact, puis aller plus loin, plus à l'ouest. Ils ne savent pas encore que s'ils se font interpeller ailleurs en Europe, les autres pays membres de l'espace Schengen les renverront en Grèce. Alors ils se pressent pour attraper le premier ferry qui les conduira à la capitale, où ils paieront de nouveaux passeurs et prendront de nouveaux risques s'ils veulent poursuivre leur route.
Tous ne sortent pas vivants de ce circuit semé d'embûches. Le 6 septembre, à quelques encablures de l'île de Samos, un bateau a fait naufrage dans les eaux turques. 61 personnes sont mortes.
Avec RFI