samedi 6 octobre 2012

Hollande veut reporter les Régionales et les Cantonales en 2015


François Hollande a demandé vendredi que les élections régionales et cantonales prévues en France en 2014 se tiennent l'année suivante, le même jour, pour éviter un embouteillage électoral.
Une proposition critiquée à droite, qui voit dans ce report une "manipulation" de l'exécutif socialiste, actuellement à la tête d'une majorité de collectivités locales, visant à exercer le pouvoir un an de plus.


"Je considère que pour le respect de nos concitoyens et de nos assemblées concernées, il est préférable de reporter à 2015 l'organisation des deux consultations, le même jour, régionales et départementales", a déclaré François Hollande lors d'un discours à La Sorbonne à l'occasion des États généraux de la démocratie territoriale.
Il a ajouté avoir demandé au gouvernement de consulter des associations d'élus "pour la confirmation de ce calendrier".
Le président de la République a en outre prôné pour les cantonales un nouveau mode de scrutin fondé sur deux principes : l'ancrage territorial et la parité.
Ces modifications supposent le vote de deux textes, à commencer par une proposition de loi socialiste visant à abroger les conseillers territoriaux créés lors la précédente mandature, et dont François Hollande a confirmé vendredi la disparition.
Le report à 2015 des élections cantonales et régionales, et le mode de scrutin des cantonales seront quant à eux précisés dans un projet de loi appelé à être étudié le 22 octobre au conseil des ministres. Les deux textes seront examinés le 19 novembre à l'Assemblée.
Des élections municipales, sénatoriales et européennes sont d'ores et déjà prévues en 2014.
"On ne pouvait pas, la même année, avoir des élections sur des modes de scrutin différents, et quatre campagnes électorales qui se succèdent, c'était illisible", a-t-on expliqué dans l'entourage du chef de l'État.
Pour la droite, le PS cherche à manipuler les électeurs.
"C'est profondément choquant : ça s'appelle tout simplement une machine à manipuler les élections", a déclaré Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, lors d'un point de presse.
"Devant l'inquiétude sur la dégringolade dans les sondages, on préfère limiter à un seul vote, celui des municipales, et retarder d'un an les cantonales et les régionales pour pouvoir jouir un an de plus du pouvoir dans les départements et les régions détenues par les socialistes", a-t-il souligné.
Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a lui aussi déploré une décision prise "sans concertation". "Cette précipitation démontre un mépris de François Hollande pour les élus locaux", écrit-il dans un communiqué.
Avec Reuters