mercredi 10 octobre 2012

Enzensberger : « L'apathie des Européens devant la faillite démocratique est effrayante. »

Dans le quotidien espagnol « El Païs » du 27 septembre dernier, l'écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger explique que les européens sont silencieusement dépouillés de leurs droits les plus élémentaires au profit et par des institutions  parfaitement anonymes.
« Apparemment, très peu de gens ont remarqué que depuis quelque temps maintenant, l'Europe n'est pas gouverné sur la base d'une légitimité démocratique de ses institutions, mais par une panoplie d'abréviations qui les ont supplantés.


Aujourd'hui, ce sont le FESF, le MES, la BCE, l'ABE et le FMI qui devraient attirer les coups.
Seuls les experts sont capables de décoder ces acronymes.
Seuls les initiés sont conscients de qui décide quoi et comment à la Commission européenne et à l'Eurogroupe.
Une caractéristique commune de toutes ces institutions est qu'elles ne figurent dans aucune des Constitutions existantes dans le monde, et qu'aucun électeur n'a son mot à dire dans leurs décisions.
Le seul agent qu'ils écoutent est ceux que l'on est appelle "les marchés", dont le pouvoir se traduit par la fluctuation des cours des actions et les évaluations des agences de notation américaines.
Le calme avec lequel les peuples de notre petit continent ont accepté la privation de leurs droits politiques est presque effrayant », conclut Enzensberger.