vendredi 26 octobre 2012

« Débat » Fillon-Copé : il ne manquait que le thé et les petits gâteaux


Le débat Copé-Fillon n'aura finalement pas eu lieu. Les deux candidats à la présidence de l'UMP, réunis pendant deux heures sur le plateau de France 2, ce jeudi soir 25 octobre, ont soigneusement évité de se disputer, voire même multiplié les assauts d'amabilités pour ne pas apparaître comme les diviseurs de leur propre camp.
Il n’y a pas eu de débat, conformément à la volonté des militants de ne pas voir les deux ténors de leur parti se disputer devant la France toute entière. Jean-François Copé et François Fillon ont non seulement refusé le duel. François Fillon est même allé jusqu’à dire qu’il soutiendrait Jean-François Copé si ce dernier était le mieux placé pour la présidentielle de 2017. « Zéro problème », a répondu Jean-François Copé dans un large sourire, affirmant également être prêt à faire de même envers l'ancien Premier ministre.


Aucun des deux candidats ne souhaitait, ce soir, prendre le risque d'apparaître comme le diviseur de son camp. Le débat a donc été complètement neutralisé et aucun n'a commis le dérapage tant redouté qui aurait pu l’exclure de la course à la présidence de l'UMP.
Mais cet échange de courtoisies ne les a pas empêchés de marquer subtilement leurs différences. Sur la question du racisme anti-blanc cher à Jean-François Copé, François Fillon a ainsi avoué par exemple « qu’il ne l'aurait sans doute pas dit comme ça ».

DES STYLES TRÈS DIFFÉRENTS

Chacun a tenté au cours de la soirée de conforter sa stratégie durant leur long monologue en début d'émission. François Fillon a fait valoir sa stature d'homme d’État, d'ancien Premier ministre qui a eu le courage d'imposer des réformes face à la crise. Jean-François Copé, lui, s'est présenté comme un homme de terrain, maire de Meaux, et chef de guerre de la droite décomplexée. Il en a alors profité pour glisser un petit tacle à l’encontre de François Fillon, en critiquant « la droite complexée », celle qui aurait peur des journalistes parisiens, notamment après la saillie sur le pain au chocolat.
Au final, tout le monde a gagné, puisque personne n’a perdu. Ce débat a cependant permis de noter une vraie différence de tempérament. Jean-François Copé - sans doute parce qu'il est le challenger dans ce duel - a été nettement plus pugnace que François Fillon, très réservé comme toujours. Ce sont les militants de l'UMP qui auront le dernier mot, le 18 novembre prochain, en choisissant celui qu'ils estiment être le meilleur pour succéder a Nicolas Sarkozy.
Avec RFI