lundi 22 octobre 2012

Ayrault voudrait stopper la violence en Corse : avec Taubira dans le circuit, c’est pas gagné


Jean-Marc-Ayrault a présenté ce matin une série de mesures ciblées destinée à "stopper la dérive" de la violence en Corse.
Le Premier ministre a annoncé notamment la mise en place d'une cellule interministérielle et le renforcement des moyens d'enquête dans l'île, théâtre de 15 homicides depuis le début de l'année.
Les syndicats de police réclament des renforts massifs pour lutter contre la criminalité, mal endémique en Corse dont le regain a été illustré la semaine dernière par l'assassinat d'un avocat emblématique, Antoine Sollacaro.


Un plan en dix points a été décidé lors d'une réunion rassemblant à Matignon les ministres de la Justice, Christiane Taubira, de l'Intérieur, Manuel Valls, de l'Économie, Pierre Moscovici, et du Budget, Jérôme Cahuzac.
"Le gouvernement prend toutes ses responsabilités et est déterminé à mener une action de grande ampleur dans la durée. La dérive actuelle doit être stoppée", a dit Jean-Marc Ayrault dans une déclaration à la presse.
"La Corse fait partie du territoire de la République", a-t-il poursuivi. "Les actes graves qui se déroulent en Corse sont le fait d'une petite minorité qui ne respecte pas les règles de l'État de droit".
Le chef du gouvernement s'est dit déterminé à agir dans tous les secteurs à l'origine d'actes criminels, homicides ou attentats, qui endeuillent régulièrement la Corse.
Parmi les activités ciblées figurent le blanchiment, notamment dans les domaines de l'immobilier et du sport, le trafic de drogue, les procédures d'attribution des marchés publics et le respect de la loi littorale.
Les moyens des enquêtes spécialisées seront complétés, de nouvelles mesures de politique pénale décidées et le pôle judiciaire de Bastia sera renforcé en juges d'instruction.
Manuel Valls et Christiane Taubira se rendront en Corse le mois prochain, a aussi annoncé le Premier ministre, qui en a directement appelé à "l'esprit de responsabilité" des habitants de l'île.
"Trop d'affaires ne sont pas élucidées parce que les victimes ou les témoins ont été intimidés. Trop de conflits sont réglés par la violence. Trop d'armes circulent en Corse. Chacun doit aujourd'hui s'interroger sur les racines de cette violence", a dit Jean-Marc Ayrault.
Avec Reuters